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Les entreprises et la révolution énergétique

Engie est l’un des leaders de l’énergie dans le monde. Cest donc à la fois un partenaire des entrepreneurs ET une entreprise. À l’occasion de la conférence organisée par la CCI Occitanie et Engie, le 5 décembre dernier à la CCI de Toulouse, Isabelle Kocher, Directeur Général d’Engie, et Alain Di Crescenzo, 1er Vice-Président de CCI France et Président de la CCI Occitanie, ont échangé sur les conditions de réussite pour les entreprises de la révolution énergétique.

 

Monde digitalisé et économie décarbonée : comment concilier le besoin d’une croissance de l’activité humaine, une meilleure répartition des richesses et les exigences du virage qu’impose le changement climatique ?

Isabelle Kocher : Le changement climatique marque un moment historique, celui d’une prise de conscience collective et mondiale. S’il est vrai que cela nous impose de repenser nos modèles économiques, je crois que cette révolution est en soi une source de progrès et de développement. Ce virage est une opportunité : le nouveau monde de l’énergie qui se dessine est digitalisé, décarboné et décentralisé. Les pays installent chaque année davantage de capacités de production d’énergie d’origine renouvelable et celles-ci sont chaque jour plus compétitives. Elles répondent aux problèmes d’accès à l’énergie, notamment dans les pays en développement. La révolution énergétique est une réalité quotidienne et économiquement rationnelle pour tous et partout car il ne s’agit pas de se développer moins mais de se développer mieux.

 

Alain Di Crescenzo : Tout d’abord, il semble indispensable de préciser que nous n’avons pas le choix. Le monde est à la croisée des chemins. Nous devons, sans attendre, réduire les émissions de gaz à effet de serre, sous peine de nous exposer à des phénomènes climatiques extrêmes et à des migrations de populations de grande ampleur. Je citerai Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE : « Il n’y a pas d’excuse économique qui justifie de ne pas agir contre le changement climatique ». Et ce, d’autant moins que l’OCDE vient de produire un rapport qui démontre que rapprocher l’action en faveur de la croissance de celle qui vise le climat, au lieu de traiter ce dernier séparément, pourrait accroître le PIB des pays du G20 de 1 % d’ici 2021 et 2.8 % d’ici 2050. À l’heure où la prévision de croissance 2017 pour notre pays s’établit à 1,8 %, les chefs d’entreprise que nous sommes mesurent pleinement ce que représente 1 % de PIB en plus. Il s’agit donc là d’une opportunité exceptionnelle. Si la transition énergétique nourrit la croissance, le passage à une économie numérique et sobre en carbone pourrait s’avérer être la période la plus dynamique et passionnante de l’histoire industrielle !

 

Comment explique-t-on à des chefs d’entreprise confrontés aux préoccupations d’une économie mondialisée et temps réel que transition énergétique et croissance sont compatibles à brève échéance ?

IK : Les solutions d’efficacité énergétique qu’Engie développe, illustrent parfaitement cette compatibilité à court terme. En menant par exemple des actions pour limiter la consommation énergétique des bâtiments - qui pèsent pour 44 % dans la consommation énergétique en France - vous réalisez des économies et, dans le même temps, vous limitez l’empreinte environnementale de votre patrimoine immobilier. Les 2/3 de nos collaborateurs travaillent aujourd’hui sur ces sujets et créent ainsi quotidiennement de la valeur pour nos clients et pour le Groupe.

ADI : En étant pragmatiques ! La quête de sobriété matière ou énergétique est généralement la motivation première des entreprises. Pour faire des économies, innover et prendre un avantage concurrentiel, limiter les risques et réduire leur vulnérabilité… Mais ces actions aboutissent au même résultat que les pures démarches de transition énergétique : la limitation du réchauffement climatique. On le voit donc, la performance économique et démarches environnementales sont étroitement liées. À ce titre, et conformément à leur vocation d’accélérateur de croissance, les CCI sensibilisent donc les entreprises et leurs dirigeants aux enjeux économiques et sociétaux de la transition énergétique. Nous organisons des réunions d’information avec des spécialistes et des témoignages d’entreprises ayant déjà amorcé la transition, et les mettons en réseau. Sur certains sujets, les experts CCI interviennent directement dans l’entreprise pour un accompagnement individualisé. L’efficacité énergétique, la lutte contre la pollution de l’eau, la maîtrise de ses flux de matières… sont autant de sujets traités par les services Développement Durable des CCI.
 

Comment avez-vous intégré la transition énergétique dans votre propre organisation ?

IK : Nous avons lancé, en 2016, un plan de transformation ambitieux pour mettre Engie (+ de 150 000 collaborateurs présents dans 70 pays et 5 continents) en cohérence avec ce monde décarboné, décentralisé et digitalisé. Nous avons décidé de nous séparer des activités qui ne sont plus en ligne avec notre stratégie « bas carbone », pour un montant de 15 milliards d’euros. Nous avons déjà atteint 83 % de cet objectif. En parallèle nous avons déjà sécurisé 96 % de notre programme d’investissement de 22 milliards d’euros sur 3 ans dans les métiers de demain. Ces métiers sont la fourniture d’énergie, notamment l’électricité verte, les infrastructures énergétiques et, enfin, les services, qui sont des solutions intégrées que nous apportons à nos clients. Ces clients, qu'ils soient collectivités, entreprises ou particuliers, sont de plus en plus soucieux de la qualité de l’énergie qu'ils achètent et des économies d'énergies qu'ils peuvent faire, que cette énergie soit consommée sous forme de chaleur, de froid, d'électricité ou pour leur moyen de transport. Les deux tiers des collaborateurs du groupe, sur les 155 000 que compte Engie aujourd'hui, sont chargés de délivrer des solutions qui permettent ces économies.

ADI : Le réseau des CCI est dirigé par des chefs d’entreprise au service d’autres chefs d’entreprise. Nous sommes tous immergés dans des quotidiens différents mais qui ont en commun un point : la nécessité de nous adapter en permanence et toujours plus vite. Nos actions sont donc marquées par le pragmatisme et la volonté d’avancer pas à pas. C’est une chance car, pour mémoire, nos CCI ont connu une baisse des dotations de l’État de plus de 40 % en moins de 5 ans. Ces coupes drastiques nous ont donc conduits à adapter nos priorités, qui étaient bien sûr l’emploi et la qualité du service apporté aux entreprises. Au cœur de cette qualité de service, il y a bien sûr la digitalisation de notre organisation qui vise à offrir à terme un service 24/24 et 7/7. Combiné à la dématérialisation accélérée de nos documents, cela représente une réduction significative de l’empreinte carbone de notre réseau et des entreprises que nous accompagnons.

 

L’OCDE vient de produire un rapport qui démontre que rapprocher l’action en faveur de la croissance de celle qui vise le climat, au lieu de traiter ce dernier séparément, pourrait accroître le PIB des pays du G20 de 2.8 % d’ici 2050.

Alain Di Crescenzo, Président de la CCI Occitanie

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