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L'international, la langue de la croissance

À quelques jours de la 12e édition du Forum Destination International, l'événement annuel dédié à toutes les entreprises souhaitant se développer sur les marchés étrangers et coorganisé par la CCI Occitanie et la Région, Carole Delga, Présidente de la Région Occitanie, et Alain Di Crescenzo, 1er Vice-Président de CCI France et Président de la CCI Occitanie, évoquent le rôle de l’international dans le développement économique des entreprises et de notre territoire.

L’Occitanie est l’une des têtes d’affiche de l’économie française en Europe et dans le monde. Outre sa contribution à la performance économique de notre pays, notre région participe donc également à l’image d’excellence de celui-ci (attractivité, innovation, créativité, recherche…). Quelle est votre vision de ce rôle d’ambassadeur et de l’exposition qu’il apporte à l’ensemble de nos entreprises ?

Alain Di Crescenzo : Études après études, la région Occitanie se positionne comme la plus dynamique de France. Ce leadership ne doit rien au hasard et se fonde sur nos filières d’excellence : l’aéronautique et la viticulture (leader mondial), le spatial (leader européen), l’agroalimentaire (leader français). Nous sommes également sur la plus haute marche du podium pour l’attractivité, la R&D, l’excédent du commerce extérieur et la création d’entreprise et en sommes proches pour le tourisme, le numérique, la création de start-up ou l’enseignement supérieur. L’Occitanie fait donc partie des territoires d’exception en Europe et cela profite, c’est vrai, à notre pays comme à notre territoire et à ses entreprises. Ce cercle vertueux gagnant-gagnant constitue un sujet de fierté mais crée aussi des obligations liées à ce rôle d’ambassadeur. Celle de l’exigence en est une, pour entraîner un maximum de territoires dans cette dynamique positive. Celle de la confiance, que nous devons donner à nos entrepreneurs, en est une autre. La réussite collective de notre écosystème doit inciter nos entreprises à oser s’éloigner de leurs bases pour adresser des marchés internationaux à fort potentiel ! Enfin, celle de la performance, où chaque année nous devons faire plus et mieux pour internationaliser nos entreprises et nos territoires.

 

Carole Delga : C’est tout d’abord une importante responsabilité pour notre région mais aussi pour la France car en matière économique, en particulier à l’export, tout va très vite. La concurrence est réelle et les erreurs d’appréciation ne pardonnent pas. La confiance, les marchés ne se gagnent pas en un jour. Être compétitif, attractif, innovant cela demande un investissement considérable, financier bien sûr mais pas seulement. Il faut être présent et réactif au bon endroit et au bon moment. Être ambassadeur de l’excellence française, c’est donc effectivement une grande responsabilité. Mais n’oublions pas que c’est également un exceptionnel atout pour nos entreprises qui profitent d’une visibilité privilégiée. Il est clair que grâce à notre place sur l’échiquier économique international, notamment avec nos leaders dans le secteur de l’aéronautique, l’Occitanie existe sur la carte.

 

On le sait, même si l’Occitanie est la première balance commerciale de France, ses entreprises sont encore trop peu présentes à l’export. Comment les accompagner pour « oser » cet incomparable accélérateur de développement, fortes à la fois de leur savoir-faire et d’un branding territorial efficace ?

ADI : En leur faisant gagner du temps avec de l’information pertinente ! En voilà une sur le potentiel marché : la dernière étude de l'assureur-crédit Euler Hermès révèle que la croissance du commerce mondial serait cette année de 8,4 % en valeur (4,4 % en volume) et que les opportunités de marchés pour les entreprises françaises atteindraient 21,5 milliards d’euros. Outre l’information, notre rôle est de faire appréhender l’international à nos entreprises : L’international, ne s’improvise pas mais se prépare et s’apprend. À l’export, la base du succès est d’être « cheaper and/or better and/or faster ». Pour être sûr de gagner, il faut être les 3. Cela veut aussi dire qu’une grande partie de la démarche internationale commence chez soi. C’est tout l’esprit de l’accompagnement que nous avons mis en place au sein du réseau des CCI d’Occitanie. Une démarche complète qui va de la détection à l’accompagnement sur le terrain à l’étranger en passant par la sensibilisation, les analyses de marché, les diagnostics d’adéquation Entreprise/Produits/Destinations, la préparation des offres et des business plans, la recherche de financements, et la mise en réseau avec les entreprises expérimentées à l’international. Pour assurer ces prestations et le suivi indispensable dans le temps des entreprises, la CCI Occitanie œuvre au sein de l’Équipe Export Occitanie coordonnée par le Conseil Régional, qui nous accompagne sur la majorité de nos actions, et composée de Business France et des CCE. En 2018, la CCI Occitanie a accompagné 950 entreprises.

 

CD : L’aéronautique représente les trois quarts de nos exportations. Il faut s’en réjouir mais aussi être conscients du potentiel de développement à l’export qui existe dans de nombreux autres secteurs de l’économie régionale. Le rôle de la Région en tant que chef de file du développement économique est d’ouvrir la route et de créer des passerelles. Pour optimiser les expertises et éviter les doublons, nous avons créé le Comité stratégique export qui fédère tous les grands acteurs de l’export en région parmi lesquels bien évidemment la CCIR. Nous avons aussi déployé à l’international un réseau de Maisons de la Région à New-York, à Casablanca à Londres et Shanghai. Elles sont à l’entière disposition de nos entreprises. Alain Di Crescenzo le martèle régulièrement et je partage son point de vue : soyons pragmatiques et n’ignorons aucune des contraintes de nos entreprises ! Notre agence AD’OCC est pour cela un relais efficace pour les accompagner dans leur stratégie. Il s’agit aussi d’être ambitieux. C’est tout le sens de la nouvelle stratégie économique régionale et des dispositifs de soutien à l’export aujourd’hui disponibles. La Région Occitanie propose des accompagnements financiers sur mesure. Pour les primo-exportateurs, il s’agit de mieux détecter et accompagner les potentiels. Pour les entreprises plus expérimentées nous soutenons la prospection de nouveaux marchés ou l’investissement pour l’introduction de nouveaux produits par exemple. Nous aidons les entreprises à structurer dans leur sein un service export et à s’implanter physiquement dans leurs pays cibles.

 

Cette année encore, FDI -organisé par la CCI Occitanie en partenariat avec la Région- accueillera 500 entreprises. On associe en priorité l’international aux Grands groupes et aux ETI. Comment encourager aussi les start-ups à s’internationaliser dès leur création ?

ADI : La réussite des start-ups tient, outre leur vision, à l’absence d’a priori qui leur permet de passer naturellement et quotidiennement du « Pas Possible au Pourquoi Pas » ? Quand leurs produits s’y prêtent, elles sont donc, pour la majorité d’entre elles « Global Native » et pensent mondial dès leur création. En Occitanie, le réseau des CCI avec l’Équipe Export Occitanie et en dynamique avec les French Tech, les clusters, et de nombreux acteurs de l’économie, les accompagnent, en leur donnant de la visibilité sur des incontournables de l’innovation mondiale comme le CES de Las Vegas, en les aidant à affiner leur business plan sans perdre ce qui fait leur force : « la spontanéité économique » et, bien sûr, en les guidant dans les démarches administratives. Elles nécessitent un accompagnement dédié et aussi fortement digitalisé. C’est également dans ce cadre que nous avons lancé la plate-forme CCI Store où nous avons, d’ores et déjà, implémenté des e-services dédiés à l’international et que nous travaillons avec Business France au développement d’un portail dédié à 100 % à l’international qui sera bien sûr connecté à CCI Store.

L’accompagnement des start-up et des TPE/PME à l’export est fondamental, car seul le dépassement de nos frontières leur permettra de franchir durablement des seuils jusqu’à atteindre celui de l’Établissement de Taille Intermédiaire (ETI). Les ETI représentent 35 % des montants exportés par notre pays et une grande partie de la dynamique de l’emploi. Nous en avons 5 000 en France contre 13 000 en Allemagne et autour de 10 000 au Royaume-Uni et en Italie : à nous de jouer !

 

CD : Il est clair que pour accélérer leur développement, les start-ups ont tout intérêt à intégrer les contraintes internationales dans leur organisation et dans leur stratégie commerciale dès la conception du service ou du produit qu’elles proposent. Il faut décomplexer nos start-ups et les aider à voir loin. Le Contrat Export régional prévoit plusieurs mesures adaptées. Je pense au partage du risque commercial, au financement de postes de Volontaire International en Entreprise. Nous finançons également leur participation aux nombreuses actions collectives organisées en région et à l’étranger sur des salons emblématiques, comme le CES à Las Vegas. Toute entreprise, quelle que soit sa taille a intérêt à se poser la question de l’export dans sa stratégie de développement. Pour les années 2017 et 2018, la Région a engagé plus de 18 M€ pour le développement à l’export, 16,80 M€ pour 367 entreprises dans le cadre d’un soutien individuel et 1,40 M€ pour 3 000 entreprises dans le cadre de démarches collectives. Nous allons poursuivre notre engagement pour elles, pour nos territoires, pour l’emploi.

 

L’Occitanie fait partie des territoires d’exception en Europe et cela profite à notre pays comme à notre territoire et à ses entreprises. Ce cercle vertueux gagnant-gagnant constitue un sujet de fierté mais crée aussi des obligations : notamment celle de l’exemplarité et de l’audace. Alain Di Crescenzo, 1er Vice-Président de CCI France et Président de la CCI Occitanie

 

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