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L’Occitanie présente aux Assises de l'économie de la mer

Alain Di Crescenzo, Président de la CCI Occitanie et 1er Vice-Président de CCI France, se rendra aux Assises de l'économie de la mer qui se tiendront au Havre les 21 et 22 novembre. Interview croisée avec Frédéric Moncany de Saint-Aignan, Président du Cluster Maritime Français, qui interviendra lors de cet événement.

 

D’après vos chiffres annuels, la maritimisation de l'économie française est déjà une réalité. Quelles en sont les perspectives de développement à moyen et long termes ? La France et ses entreprises peuvent-elles y avoir une place particulière ?

Frédéric Moncany de Saint-Aignan : Au Cluster maritime, depuis dix ans, nous calculons le périmètre du secteur maritime en le cantonnant volontairement, pour une grande fiabilité des chiffres, aux emplois directs (hors tourisme maritime) et aux chiffres d’affaires afférents. Pour cette année, nous avons recensé 75,5 Mds€ et 306 875 emplois. C’est considérable mais très loin d’être à la hauteur de nos ambitions et de nos atouts. Avec le Comité France Maritime, nous nous sommes fixés comme objectif, sur le même périmètre, d’avoir en 2030, 1 million d’emplois. À nos yeux, on ne doit pas regarder l’économie maritime comme une entité isolée du reste de l’économie française. Pour nous, l’économie bleue tricolore se développera fortement en s’appuyant non seulement sur ses 5 filières traditionnelles (Transport, Pêche, Construction navale et nautisme, oil&gaz et câbles sous-marins) et sur ses 5 filières émergentes (Énergies marines renouvelables, Aquaculture, Tourisme, ressources minérales marines et bioressources marines) mais aussi dans une inclusion (terre – air – mer) sur les 8 secteurs économiques transverses les plus performants (Protection de l’environnement, Formation, Infrastructures, Numérique, Sciences et Innovations, Services, Sûreté & Sécurité, Espace) et bien évidemment en englobant la totalité de la zone économique exclusive française, la deuxième au monde et sur la dizaine de grands champions mondiaux qui sont des entreprises françaises. C’est ce que nous avons baptisé le facteur 20 ou 20 raisons de multiplier par deux le poids de l’économie maritime française à l’horizon 2030. Dans l’ensemble de ces secteurs, les entreprises -des plus grandes au plus petites- sont déjà présentes et innovantes. Elles ont un rôle capital à jouer.

 

Alain Di Crescenzo : Selon le Baromètre de la maritimisation de l'économie française réalisé par le Boston Consulting Group, l'économie de la mer représente 270 Mds €, 820 000 emplois et 14 % du PIB national. J’y ajouterai deux éléments de comparaison qui parleront à tout le monde : l’économie de la mer, c’est d’ores et déjà trois fois le chiffre d’affaires de l’industrie automobile française et six fois celui de l’industrie aéronautique. C’est donc bien plus qu’un potentiel de développement. C’est un socle de d’expertises, de savoir faires et de capacités d’innovation multisectorielles qui produisent à ce jour près de 15 % de la richesse de notre pays. Mais aux côtés de ses activités traditionnelles, la mer profite d’activités nouvelles qui constituent des gisements de croissance incomparables. La mer sera dans les décennies qui viennent un moteur majeur de la croissance verte. La mer a, en outre, un autre mérite. Celui de nécessiter de raisonner collectif, quelle que soit l’échelle à laquelle on la considère. Économiquement, la mer n’est pas un élément puis un littoral, puis des infrastructures portuaires puis un hinterland : c’est un tout qui nécessite de penser globalement. À l’échelle de notre réseau consulaire, mais aussi puisque nous allons nous rendre au Havre, comment ne pas citer en exemple un projet comme Paris-Seine-Normandie qui acte cette réalité ? Depuis 2013, les CCI normandes et franciliennes œuvrent ensemble à la construction du projet Paris Seine Normandie : un nouveau territoire économique entre le Grand Paris, la vallée de Seine et sa façade maritime. Créer une démarche fédérative, opérationnelle, innovante, visant à inscrire le territoire de trois régions dans le paysage des grands enjeux du XXIe siècle (compétitivité des entreprises, attractivité du territoire, défis énergétiques et environnementaux, efficience des flux et optimisation des transports, économie des fonctionnalités…) n’est-il pas un excellent cap ? Je terminerai par un clin d’œil. Si les CCI connaissent bien la mer, c’est aussi parce que les premières d’entre elles sont nées dans des ports : Marseille, la première, puis ultérieurement Dunkerque, Rouen, Bordeaux, La Rochelle, Bayonne…

 

 

Quelles sont les actions que notre pays doit engager pour valoriser ses atouts et, ainsi, occuper la place qui devrait être la sienne ?

FMSA : En étant très « cash », je crois qu’il faut passer de la parole aux actes, de l’incantation aux actions concrètes ! Il nous faut une vraie équipe projet. Pour construire un programme de travail, un calendrier et coordonner l’ensemble des expertises privées ou publiques pour faire avancer les dossiers ou lever les freins. C’est tout le défi que le Comité France Maritime doit relever. Bien sûr, pour progresser et avancer rapidement sans avoir à refaire l’immense travail d’analyse et de concertation, il faut se servir de l’ensemble des ressources disponibles et s’appuyer sur les acteurs qui ont beaucoup travaillé / concerté sur ces sujets.

 

ADI : Je crois que vous résumez parfaitement le sentiment général des acteurs économiques et des experts quant à la nécessité absolue de passer en mode projet. Notre pays est le deuxième espace maritime de la planète par ses zones économiques exclusives. Et à travers son histoire, sa géographie, son économie et ses flottes (commerciale, militaire, de pêche et de plaisance), c’est le plus légitime des pays européens pour prendre la parole sur le sujet Mer. C’est dans notre pays qu’a été construite la première usine marémotrice. C’est chez nous que nos entreprises détiennent 50 % du marché des systèmes télécoms sous-marins. Ces positions ont été conquises par l’investissement, l’audace et l’innovation. Nous devons à nouveau avoir une véritable politique d’investissement, privé et public, pour valoriser nos atouts et mettre les entreprises au cœur du développement de notre maritimisation économique.

 

Quel regard portez-vous sur le Parlement de la mer d’Occitanie, créé en 2013, et sur le plan Littoral 21 ?

FMSA : Je parlais de la nécessité, pour avancer vite et dans la bonne direction, de nous appuyer sur l’ensemble des ressources disponibles et des acteurs qui ont travaillé en profondeur et en concertation sur ces sujets. Pour cela, le Parlement de la Mer d’Occitanie est un outil précieux. Je remercie d’ailleurs Didier Codorniou, son Président, d’avoir accepté de venir parler du programme Littoral 21 aux Assises de l’Économie de la Mer au Havre. J’ajouterai, pour souligner l’importance que nous accordons à ces initiatives, que Serge Pallarès, premier Vice-président du Parlement de la Mer est également membre du Conseil d’Administration du Cluster Maritime Français.

 

ADI : Développer l’économie de la mer dans une région comme l’Occitanie, où elle est finalement peu développée par rapport aux atouts de notre région, nécessite de porter une nouvelle ambition pour le littoral, à laquelle l’ensemble des acteurs de la région est susceptible d’adhérer. C’est ce que fait le Parlement de la Mer, depuis sa création, en 2013. Celui-ci a, en effet, su rassembler et fédérer pour permettre l’émergence d’une nouvelle dynamique régionale autour de l’avenir du littoral et la valorisation de son potentiel, grâce à une vision commune et partagée par tous les acteurs concernés. Les exemples d’actions, de la création de 2 fermes d’éoliennes flottantes offshore (face à Gruissan et Barcarès) à la structuration d’une vraie filière nautisme en passant par la définition d’un schéma directeur régional de dragage, le premier en France mis en œuvre par une Région, sont nombreux. Ce dernier exemple montre d’ailleurs tout l’engagement et la conviction de la Région et de sa Présidente, Carole Delga, aux côtés de Didier Codorniou. Quant au Plan Littoral 21, il ouvre de nouvelles perspectives grâce à la mobilisation par la Région d’une première enveloppe de 300 millions d’euros (soit 3 fois plus que pour la période précédente) pour le financement de projets stratégiques de modernisation et de montée en gamme des infrastructures portuaires et touristiques, le soutien à l’innovation, l’aménagement et la protection du trait de côte.

L’économie de la mer pèse plus lourd pour notre pays que son industrie automobile. L’Occitanie est forte d’innombrables atouts. Nous devons travailler et faire en sorte qu’elle les exploite pleinement.

Alain Di Crescenzo, Président de la CCI de région Occitanie

 

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