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1er accélérateur des entreprises

L’alternance, ce doit être en continu

La suppression à compter du 1er mai de l’aide de 6 000 euros accordée aux entreprises embauchant des alternants en contrat de professionnalisation a été confirmée. Cette décision, dommageable, ne révélerait-elle pas un déficit de cohérence et de vision ?
Jean-François Rezeau, président CCIO
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Lundi 6 mai 2024

À l’heure où l’exécutif se targue, non sans raison, de certains succès dans sa politique sur le front de l’emploi, ce choix interpelle. Car l’objectif ambitieux mais réaliste d’un million d’apprentis par an en 2027, annoncé il y a deux ans à peine, va laisser place cette année à une baisse de leur nombre pour la première fois depuis 2015.

 

Mise en place en 2020 au moment de la crise Covid, cette aide avait certes un coût mais son efficacité économique était avérée. Car le taux d'emploi des jeunes est à son meilleur niveau depuis une vingtaine d’années et prouve que les efforts déployés depuis 2018 pour favoriser l'apprentissage sont un investissement payant pour l’avenir. En outre, et pour ne parler que de l’aspect économique, le coût de leur non-emploi est bien supérieur à celui de deux années d’apprentissage. Les systèmes gagnant-gagnant-gagnant (gagnant pour les jeunes, gagnant pour l’entreprise et gagnant pour l’économie) qui fonctionnent et créent du sens et du lien seraient-ils si nombreux en France qu’il conviendrait de veiller à en limiter le nombre ?

 

La maîtrise des comptes publics et la réduction de notre dette sont une préoccupation de longue date des chefs d’entreprise. Le sujet impose son calendrier et conduit, dans l’urgence, à des arbitrages financiers hâtifs et lourds de conséquences. Attention, après le quoi qu’il en coûte en version dépenses, qui a sauvé notre économie en 2020-2021, à ne pas basculer dans le quoi qu’il en coûte en version « économies ». Attention, en particulier, aux économies en trompe-l’œil qui confondraient dépenses de fonctionnement et investissement…

 

La récente étude Goodwill Management Baker Tilly sur l’impact socio-économique de l’apprentissage montre en effet qu’1 € dépensé dans l’apprentissage rapporte 1,09 € aux finances publiques. Pour une dépense publique initiale de 16,85 milliards d’euros, 18,31 milliards d’euros sont ainsi réinjectés dans les caisses de l’État et une valeur ajoutée additionnelle de près de 24 milliards d’euros est créée par les apprentis. Cette nouvelle coupe de 200 M€ dans le soutien à l’apprentissage est donc une économie qui va coûter très cher à notre pays, à notre économie et à notre jeunesse.

 

En retard sur le sujet par rapport à nos voisins européens, nous étions encore en phase d’amorçage pour ancrer cette pratique de l’alternance dans notre culture « socio-pédago-économique » et ce coup de frein intervient donc au pire moment. Jusqu’au jour où, face à l’évidence, le système sera réactivé après avoir perdu temps, argent, compétitivité et avoir compliqué la vie de nos jeunes (mais aussi des entreprises et des organismes de formation). Alors oui, définitivement oui, le soutien à l’alternance, ce doit être en continu.

 

Jean-François Rezeau, Président CCI Occitanie

Cette nouvelle coupe de 200 M€ dans le soutien à l’apprentissage est donc une économie qui va coûter très cher à notre pays, à notre économie et à notre jeunesse.