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« L’Eau, une chance pour l’Occitanie ! »

Le Ceser Occitanie est à l’initiative du Colloque « L’Eau, une chance pour l’Occitanie ! » qui s’est tenue à Narbonne le 6 décembre et dont la CCI Occitanie était partenaire. Au programme de ces échanges, les défis de l’Occitanie relatifs au stockage, au recyclage, à la captation et à la distribution de l’eau à court, moyen et long termes. Jean-Louis Chauzy, Président du Ceser Occitanie, et Jean-François Rezeau, Président de la CCI Occitanie, croisent leur vision et leur analyse de cette thématique structurante pour l’avenir de notre territoire.  
JL Chauzy JF rezeau
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Mercredi 20 décembre 2023

La présence des 3 consulaires d’Occitanie (Chambre d’Agriculture Occitanie, CCI et Chambre de Métiers et de l’Artisanat) traduit la dimension économique du sujet du stress hydrique et des restrictions en eau. Quel regard portez-vous sur ce volet de la problématique ?


Jean-Louis Chauzy : Le 6 décembre, dans un élan collectif inédit impulsé à l’initiative du Conseil Économique et Social Régional et des 3 chambres consulaires régionales, ce colloque a passé en revue tous les usages de l'eau douce (domestique, agricole, industriel, touristique…) pour dresser un état des lieux et une mise en perspective des besoins afin de garantir l’approvisionnement des filières et le développement économique et démographique de la région. Avec plus de 700 participants, cette conférence aura permis de révéler une énergie collective commune à tous les acteurs de l’Occitanie qui ne veulent ni partir ni mourir mais pouvoir accueillir et donner des perspectives économiques et sociales à tous les habitants en intégrant la transition écologique et énergétique. Au terme de cette matinée, les projets et grands travaux à activer ont été listés, les dispositions réglementaires à prévoir identifiées et les dispositifs pour financer des investissements ont été identifiés. Le sujet concernant ni plus ni moins que l’avenir de notre territoire, de son activité et de sa prospérité, il est exclu de ne pas être à la hauteur de l’enjeu.


Jean-François Rezeau : Cet événement est en effet porteur de promesses. La problématique de l’eau a deux facettes : le trop et le trop peu. La multiplication des évènements climatiques extrêmes induit des coûts économiques significatifs. L’OCDE évalue ainsi à 120 Md$/an le coût économique des inondations. Plus globalement, selon le Global Water Report 2020, la pénurie d’eau, la pollution et le changement climatique représentent une menace pour la valeur des entreprises évaluée à 301 milliards de dollars. De la façon dont les entreprises décident de s’attaquer à ces défis dépend donc la pérennité de leurs activités. Il est donc logique que cette problématique soit, depuis dix ans, classée parmi les dix premières préoccupations du Global Risk Report du Forum Économique Mondial. La crise de l’eau pose un problème entrepreneurial urgent, doublé de multiples risques matériels, financiers, juridiques… Dans une région comme la nôtre, forte notamment de son agriculture, son tourisme et son industrie mais aussi de son ensoleillement, la raréfaction de l’eau est donc un sujet à traiter avec une extrême rigueur et dans une démarche la plus concertée et collective possible.

 

Face à la raréfaction et aux restrictions/pénuries, les conflits d’usage risquent de se multiplier. Comment les gérer, arbitrer entre priorités et travailler sur l’acceptabilité de ces arbitrages ?


Jean-Louis Chauzy : L’évolution du climat en Occitanie assèche les réserves naturelles en eau douce et déshydrate les sols. 2022 a été l’année la plus chaude jamais mesurée depuis le début des mesures mais ne sera qu’une année ordinaire vers 2050 selon les prévisions. Les territoires les plus exposés, notamment dans les Pyrénées-Orientales et sur les zones littorales, ont vu en 2023 leurs productions fruitières et viticoles très dégradées. L’agglomération de Toulouse a frôlé la catastrophe par manque d’eau potable pour la population. Selon Météo France, cet appauvrissement en eau va progresser pour l’Occitanie et, à un horizon de vingt ans, les dommages sur les milieux naturels, l’agriculture, et l’économie seront considérables. La situation est donc très sérieuse. Mais l’Occitanie a cependant une chance : contrairement à d’autres territoires où la progression des zones arides semble inéluctable, les solutions existent, chez nous, pour capter l’eau des fleuves et des pluies, stocker, recycler, distribuer et partager les ressources tout en développant un modèle agricole plus résilient et protecteur de la biodiversité. Pour donner corps à cette chance, il faut une volonté politique forte, des investissements massifs, du courage, de la concertation et de l’humilité. Car nous allons devoir apprendre un nouveau mode d’utilisation de la ressource.


Jean-François Rezeau : Dans un rapport d’information de 2020 sur La gestion des conflits d’usage en situation de pénurie d’eau, les auteurs soulignaient la « nécessité absolue d’anticiper et prévenir les conflits d’usage afin d’éviter une guerre de l’eau ». Les mots parlent d’eux-mêmes… Il existe trois préalables pour créer les conditions de la réussite. Le premier est l’évaluation de la ressource. Ce que l’on pourrait résumer par « Bien compter pour bien partager ». En clair, il faut commencer par aboutir à un constat commun sur l’état de la ressource en eau. Ensuite, il est indispensable de rassembler les représentants de TOUS les usages pour faire émerger de nouveaux équilibres. Cela passe par la création d’un organe de régulation pour renforcer la gouvernance de l'eau, la mise en place de nouvelles règles de consommations, des actions d’information et de sensibilisation pour aller vers encore plus de sobriété. Enfin, il importe de mesurer pour réduire les prélèvements, les consommations et les usages. Si la situation est sérieuse, je suis pourtant optimiste car une partie des solutions techniques existe. En outre, cela va créer de nouvelles activités et des emplois et cela va nécessiter la mise en place de nouvelles formations.

 

Quel est votre avis sur la récente préconisation de Jean Tirole, prix Nobel d’économie 2014, de tarification pour contraindre la population à modérer son usage en eau ?


Jean-Louis Chauzy : Face à l’ampleur du risque et du défi, il ne faut écarter aucune piste de réflexion pour sensibiliser et responsabiliser nos concitoyens. Mais dans un pays à saturation de taxes et d’impôts, attention à l’acceptabilité de ce type de mesure. Et attention à le faire de façon équitable pour ne pas aggraver encore les difficultés des plus modestes. Une seule chose est sûre : les comportements doivent changer et rapidement. En 2022, dans le Grand Sud-Ouest, le déficit entre la demande en eau et la ressource disponible était déjà de 220 millions de mètres cubes…


Jean-François Rezeau : Cette proposition est, bien entendue, à considérer. Car, nous avons tous un rapport différent au produit, au service, à l’usage… selon que celui-ci est gratuit ou payant. La bascule à opérer est ni plus ni moins que le passage de l’abondance, réelle ou supposée, à la frugalité, à la parcimonie. Il est clair que, psychologiquement, la gratuité ne prépare pas à ce chemin qui, par la force des choses, va nécessiter de changer beaucoup de choses, de consentir beaucoup d’efforts. Une tarification progressive, juste et raisonnée peut aider à la prise de conscience puis à l’émergence de nouveaux comportements. Intitulé Eau potable : des enjeux qui dépassent la tarification progressive, le rapport du Cese sur ce sujet fournit des pistes de réflexion très pertinentes.

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